Les partenariats internationaux de l’Institut Français d’islamologie

2022-2025

L’IFI engage une politique de partenariat international afin de mieux diffuser son action parmi les principaux acteurs de l’islamologie. Les 11 conventions signées à ce jour (4 en 2023, 5 en 2024, 2 en 2025) sont essentiellement des conventions-cadres qui ne comportent aucune clause financière, mais qui manifestent l’engagement de partenaires à coopérer pour favoriser la diffusion de leurs actions et de leurs travaux respectifs. Des colloques, séminaires, et ateliers de formations en codicologie ont déjà été organisé en commun. A partir de ces premiers échanges scientifiques, les partenariats pourront s’étendre à des collaborations plus ambitieuses, dont des séjours d’étudiants ou bourses communes d’étude, par exemple.

Le premier objectif consiste d’abord à mieux faire connaître la mission de l’IFI auprès de la communauté internationale des chercheurs. Il va de soi que cette communauté ne saurait se réduire à nos yeux à nos collègues européens ou anglo-saxons, mais s’étend au monde entier et en particulier aux mondes arabo-musulman, persan, turcophone ainsi qu’à toute une partie de l’Asie centrale et du Sud : c’est la raison pour laquelle non seulement nous avons conventionné avec l’Italie, la Suisse, bientôt avec la Belgique, les Pays-Bas, l’Allemagne et la Grande-Bretagne, mais nous avons aussi étendu notre action au monde arabe et/ou musulman : Liban, Abu Dhabi, Turquie, bientôt Maroc, sans oublier ultérieurement les Républiques caucasiennes ou d’Asie centrale, qui forment un carrefour stratégique des civilisations, avec la Géorgie et bientôt l’Arménie et l’Ouzbékistan. Il s’agit aussi de mieux faire rayonner la recherche française en islamologie. Petit à petit s’est dégagé un intérêt commun avec nos partenaires autour de la mise en valeur du patrimoine écrit, de son étude codicologique, de sa conservation et de sa diffusion que nous nous efforçons de développer de concert.

Cette politique se tient en étroite concertation avec le Quai d’Orsay et parfois à la demande même de ses ambassades, en particulier en ce qui concerne nos relations avec le Vatican (Pisai), l’Arménie, la Géorgie (voir ci dessous) et l’Ouzbékistan qui à chaque fois ont donné lieu à une rencontre avec l’ambassadeur ou l’ambassadrice de France dans le pays en question.

L’IFI ne vise bien évidemment pas à concurrencer les politiques internationales de ses établissements fondateurs mais à conduire une démarche complémentaire qui vise à harmoniser à travers le monde les politiques de soutien de la recherche en islamologie et à mettre en valeur de façon commune le trésor de sa culture.

Les établissements avec lesquels nous avons contracté de partenariats ces trois dernières années (2022 étant l’année de lancement de l’IFI) sont :

2023

 

-Université Saint-Joseph de Beyrouth (USJ, Liban)
-Université Saint-Esprit de Kaslik (USEK, Liban)
-American University of Beirut (AUB, Liban)
-Pontificio istituto di studi arabi e d’islamistica (PISAI, Italie)

 

-Université Saint-Joseph (USJ, Beyrouth, Liban)

Trait d’union entre Orient et Occident, entre les religions et les cultures par son histoire, sa situation géographique et les deux principales langues qui y sont enseignées et parlées (l’arabe et le français), l’IFI s’enorgueillit de compter comme premier partenaire international l’Université Saint-Joseph de Beyrouth. Fondée en 1875 par des jésuites français, cette université compte 13 facultés, fréquentées par plus de 10.000 étudiants. Son actuel recteur, le Pr. Salim Daccache est l’ancien doyen de la faculté des sciences religieuses. Le partenariat se fera notamment avec l’Institut des Lettres Orientales. La bibliothèque orientale, qui lui est rattachée, compte 200.000 titres parmi lesquels des éditions anciennes de chroniqueurs et voyageurs orientaux et occidentaux, poètes, penseurs et théologiens arabes, qui constituent un important fonds de recherche pour l’islamologie.

 

-Université Saint-Esprit de Kaslik (USEK, Liban)

L’Université Saint-Esprit de Kaslik (USEK) est une institution privée de l’enseignement supérieur, fondée par l’Ordre Libanais Maronite (OLM) en 1949. L’USEK est ainsi la première université créée sur une initiative libanaise et par des Libanais. En tant qu’institution nationale, l’USEK aligne ses enseignements et ses programmes sur ceux requis officiellement par l’État libanais, qui en reconnaît les diplômes qu’elle délivre. Toujours dans le haut du classement des universités du Moyen-Orient, elle offre un enseignement de qualité à ses près de 8.000 étudiants. Ses facultés de lettres, de philosophie, de droit et de théologie ont été fondées dès la création de l’Université. Elle dispose aussi d’un important fonds de manuscrits arabes.

-American University of Beirut (AUB, Liban)

L’AUB, fondée par des missionnaires protestants américains, est historiquement la première université fondée au Liban (1866). Elle contribue depuis l’origine à former en grand nombre les élites du monde arabe. Sa Faculty of Art and Sciences jouit d’une grande renommée dans le monde arabe et anglo-saxon. Elle réunit environ 9.000 étudiants. L’université compte 48 de ses enseignants parmi les 2% des chercheurs les plus cités dans leurs domaines. Elle délivre des masters et thèses de doctorat en « Langue et littérature arabe » ainsi qu’en « Histoire du Moyen-Orient et du Monde Arabe ». Elle dispose en outre d’une chaire « Sheikh Zayed en études arabes et islamiques », qui développe des programmes de séminaires et conférences avec des intervenants internationaux, dans le domaine des études coraniques, de l’adab, du soufisme, de l’histoire, de la grammaire, la lexicologie, la philologie ou l’étude du droit musulman.

 

Pontificio istituto di studi arabi e d’islamistica (PISAI, Rome)

Créé en 1926 par des « Pères Blancs » d’abord en Tunisie, l’Institut Pontifical d’Études Arabes et d’Islamologie, est transféré à Rome en 1964. Il est devenu un des plus importants centres européens d’études et de recherche en langue arabe et en islamologie, dans une perspective de connaissance des textes et traditions de l’islam, mais aussi de dialogue interculturel et interreligieux. Il dispense des formations de la licence au doctorat, fondées au premier chef sur l’étude approfondie de la langue arabe, comme instrument indispensable d’accès aux textes fondamentaux de l’islam, « dans un esprit de neutralité scientifique ». Ses publications sont suivies et réputées dans tout le champ de l’islamologie.

2024

 

-Mohammed Ben Zayed University for Humanities (Abu Dhabi)
-Katholische Akademie in Berlin (Allemagne).
-Fondation Max Van Berchem (Suisse, Genève)
-Centre National des manuscrits (Géorgie, Tbilissi)
-ISAM Centre For Islamic Studies (Turquie, Istanbul)

 

-Mohammed Ben Zayed University for Humanities (EAU, Abu Dhabi)

Créée en 2020 pour devenir un pôle important d’enseignement et de diffusion des sciences humaines dans le monde arabe, cette université reflète une volonté de modernisation de l’éducation et de l’enseignement supérieur dans l’Émirat. Elle dispose d’un College of Arts and Humanities et d’un College of Islamic Studies proposant des parcours de formations croisées (SHS-Sciences religieuses). Elle offre un cadre de recherche et d’échange arabophone et anglophone très intéressant pour l’islamologie française. À peine signée le 7 février 2024, la collaboration de l’IFI avec l’université s’est déjà révélée très active. Une délégation de l’IFI composée de Pierre Caye, Juliette Dumas et Maroun Aouad été invitée à l’occasion de la signature officielle de notre convention le 7 février et dans le cadre du colloque international organisé par MBZUH intitulé « Philosophy and the challenge of Theoretical and social progress ». Notre délégation a été invitée à rejoindre la conférence des experts en islamologie qui a suivi et qui a rassemblé les principaux acteurs internationaux de la recherche. En juin l’IFI a organisé à Abu Dhabi à la demande et avec le sainement de MBZUH une école d’été d’une semaine de formation à la codicologie des manuscrits de philosophie arabe. Le 25 septembre 2024 nous avons reçu une délégation de MBZUH dirigée par le chancelier de l’université en vue d’organiser notre collaboration pour les années 2025-2026. Un peu plus d’un an après se tenait le colloque « Croyances, science et raison » au Grand salon de la Sorbonne et en salle Louis Liard, du 15 au 17 décembre 2025, réunissant une vingtaine d’universitaires.

 

-Katholische Akademie in Berlin (Allemagne)

Constituée comme un important forum intellectuel au sein de la capitale historique allemande, elle organise des séminaires et rencontres sur la philosophie, la religion, la culture et la politique dans le monde contemporain, en se centrant sur la connaissance des religions dans une perspective comparatiste. L’une de leurs dernières conférences, par exemple, portait sur « Le blasphème dans une perspective interreligieuse » (25 octobre, par le Pr. Michael Zank). Son directeur est le Pr. Joachim Hake.

 

-Fondation Max Van Berchem (Suisse, Genève)

La Fondation Max van Berchem est une fondation scientifique constituée en 1973 en hommage à Max van Berchem (1863-1921), le savant fondateur de l’épigraphie arabe en tant que discipline. Au cours des dernières années, la Fondation a financé des fouilles archéologiques, des recherches architecturales ou des études en art islamique dans tous les pays d’Afrique du Nord, du Proche-Orient, d’Asie centrale, en Europe occidentale et orientale (Espagne, Portugal, Italie, Hongrie, Bulgarie, Turquie, Arménie), en Ukraine, en Iran, en Iraq, en Oman, dans les Emirats arabes unis, en Afghanistan, en Inde, au Pakistan, en Chine, aux Maldives, au Soudan, au Ghana et en Ethiopie. Elle a soutenu des projets épigraphiques en France (le Thesaurus d’Epigraphie Islamique) et dans plusieurs pays européens, au Proche-Orient, en Afrique du Nord, en Asie centrale, en Iran, en Afghanistan, en Chine, au Yémen, au Soudan et au Bengale. Parallèlement à ces activités, la Fondation est un centre de documentation en épigraphie arabe, car elle dispose des archives Max van Berchem (estampages, photographies d’inscriptions et de monuments, documentation manuscrite du savant, correspondance avec d’autres autorités scientifiques de son époque). Cet héritage unique continue à représenter une source inépuisable pour la communauté scientifique orientaliste internationale.

-Centre National des manuscrits (Géorgie, Tbilissi)

Le 24 juin dernier, l’Institut d’islamologie de France et le Centre national des manuscrits géorgiens de Tbilissi ont signé un accord de coopération pour mettre en valeur la richesse et la diversité des plus anciens manuscrits conservés en Géorgie et pour diffuser les connaissances françaises dans le domaine de la codicologie. Cet accord représente une nouvelle étape dans le développement de la coopération scientifique franco-géorgienne, une priorité de l’ambassade de France en Géorgie. L’accord de coopération a pour but de mettre en valeur la richesse et la diversité des manuscrits anciens préservés en Géorgie et de diffuser les connaissances en codicologie de la France. Cet accord marque également une nouvelle étape dans le développement de la coopération scientifique franco-géorgienne qui est une priorité de l’ambassade de France en Géorgie et son Institut Français à Tbilissi, qui accompagneront le suivi de ce partenariat avec l’IFI.

 

-Isam Centre For Islamic Studies (Turquie, Istanbul)

Le Center for Islamic Studies (İSAM) est adossé à une fondation publique turque qui promeut la recherche sur le fait religieux, l’Histoire de l’Islam et de sa/ses civilisations et œuvre à la diffusion des recherches universitaires sur le sujet. Il soutient et publie des projets à caractère encyclopédique sur l’islam (dont la Diyanet Encyclopedia of Islam, qui comporte 46 volumes paru sur 33 années), forme et soutien les jeunes chercheurs et collecte de manière continue des manuscrits en langues turque et arabe. L’İSAM suit les dernières productions de la recherche académique sur l’islam et s’est engagé récemment dans un effort important de digitalisation de son fonds. Dans une perspective de vulgarisation, le Centre a également publié une version synthétique de son encyclopédie en 8 volumes avec des articles plus courts et un plus grand nombre de supports visuels comme des cartes, photos etc. sous le nom de The Concise Encyclopedia of Islam. Le Centre dispense également des sessions d’été et offre des programmes postdoctoraux dans le champ des sciences de l’islam et organisent des cours sur l’édition critique des manuscrits arabes et ottomans.

2025

 

-Centre français de recherche de la péninsule Arabique (CEFREPA, UMIFRE MEAE/CNRS)
-L’Institut d’études ismaëliennes (IIS, Londres)

 

-Centre français de recherche de la péninsule Arabique (CEFREPA)

Le Centre français d’archéologie et de sciences sociales (CEFAS), renommé Centre français de recherche de la péninsule Arabique (CEFREPA) début 2021, est un centre de recherche à vocation régionale, qui a pour objectif de soutenir les recherches menées sur l’ensemble de la péninsule Arabique. Il fait partie du réseau des Instituts français de recherche à l’étranger (ministère de l’Europe et des Affaires étrangères & CNRS), qui est constitué de 27 établissements présents dans plus de 30 pays. Il dispose de deux antennes, l’une à Sanaa (Yémen), l’autre à Koweït City.

Le CEFREPA a été fondé initialement sous le nom de Centre Français d’Etudes Yéménites (CFEY) à Sanaa à l’initiative de Christian Robin et de Rémy Audouin. Il avait pour vocation l’accueil des missions archéologiques et des chercheurs en sciences sociales qui travaillaient sur le territoire de l’ancienne République Arabe du Yémen. Sa zone de compétence s’est étendue progressivement, accueillant ponctuellement des étudiants et des chercheurs travaillant aussi dans les pays limitrophes.

En 2002, les accords établis entre le Ministère des Affaires Étrangères (MAE) et le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) sont venus renforcer son assise scientifique en permettant l’affectation de personnels de cette institution et la création d’une unité mixte de services et de recherche (USR 3141). Il fait partie du réseau des 27 instituts de recherche français à l’étranger (Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et le CNRS)

En 2013, à l’initiative de ses tutelles, le CEFAS est devenu un institut régional sur l’ensemble des pays de la péninsule Arabique (Émirats Arabes Unis, Koweït, Qatar, République du Yémen, Royaume d’Arabie Saoudite, Royaume de Bahreïn, Sultanat d’Oman). En 2016, un accord entre les autorités koweïtiennes et le MEAE a permis d’ouvrir une antenne Koweït City. Depuis 2018, un bureau au sein l’Omani Studies Center de Sultan Qaboos University est mis à disposition du chercheur CNRS en délégation.

Fin 2019, un bureau a été ouvert à Abu Dhabi, localisé dans les locaux de SUAD. En 2021, le CEFAS devient le Centre français de recherche de la péninsule Arabique (CEFREPA). En 2023, Le CEFREPA annonce l’ouverture d’une nouvelle antenne en Arabie Saoudite (Al Ula). 

De 2019 à 2025, il a été dirigé par Makram ABBES (ENS Lyon).

 

-The Institute of Ismaïli Studies (IIS), Londres.

Fondé à Londres en 1977 sous l’égide de l’Agha Khan, l’Institut d’études ismaéliennes (The Institute of Ismaïli Studies, IIS) est une institution académique d’enseignement supérieur qui se concentre sur l’étude de l’Islam, en particulier l’histoire, la philosophie, le droit et la mystique, notamment chiite et ismaélienne mais a largement étendu ses objets d’étude au fil du temps. Il est appuyé sur l’Aga Khan Development Network (AKDN). Le département recherche et publications académiques est actuellement dirigé par le professeur Zayn Kassam.  Le personnel enseignant et administratif est principalement britannique et sud-asiatique.

L’IIS dispose notamment d’un Centre d’études asiatiques, d’un centre d’étude sur l’ismaïlisme, d’un centre d’étude de l’histoire du Coran, et d’un centre d’études chiites. L’étude des corpus de manuscrits fait également parti de leurs spécialités. Ils éditent également une dizaine d’ouvrages par an en anglais, urdu, farsi et arabe librement téléchargeable au format e-publication. Ils disposent de formations courtes, d’un graduate studies program pour les enseignants du secondaire (brochure sur la gauche, « STEP MA Programme Specification) qui délivre des MA, et d’un autre spécialisé en islamologie et sciences humaines (« Islamic Studies and Humanities »). Ces cursus disposent d’un label de reconnaissance académique du ministère anglais de l’enseignement supérieur.

Depuis son obtention du statut de « Charity » il est coiffé par un « Board of Trustees » dirigé par le Prince Rahim Aga Khan V, fils aîné de feu le prince Karim Aga Khan, décédé le 4 février 2025. Il est titulaire d’un BA en littérature comparative (1995) de la Philips Academy Andover. Trois autres personnalités, composent ce board of Trustees ; Naguib Kheraj (CBE), banquier de formation, président de la compagnie Chairman of Rothesay Limited (assurances) et de Petershill Partners (management), Karina Govindji, directrice globale de la branche « Diversité, égalité et inclusion » de Google (Vodafone préalablement), et d’Habib Motani, avocat internationaliste chez Clifford Chance, et professeur invité à la faculté de droit de l’Université d’Edinburgh. Le Board of Trustees est secondé par un « Board of Governors », dirigé par l’universitaire Ali Asani, professeur au département d’études moyenne-orientales de l’Université d’Harvard.

-La brochure : https://www.iis.ac.uk/wp-content/uploads/2024/11/iis-brochure-2023.pdf

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